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OBSERVATOIRE No 1
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La Suisse et la Francophonie, les enjeux?

Narcisse Niclass I 11.07.10

Les Suisses fiers de leurs diversités, de leurs quatre langues et cultures, pensent être uniques au monde. Si le romanche est maintenu sous perfusion, les trois autres cultures sont une réalité. Toutefois, si la société est multilingue, sa population et son système scolaire ont encore beaucoup à apprendre. Actuellement, les Alémaniques se coupent de l’Allemagne et forcent les Romands à passer à l’anglais pour communiquer entre Confédérés. Le français, heureusement, est une langue internationale importante. A l’ouest, la Romandie a une carte à jouer.

Montreux, capitale de la Francophonie
L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) fondée en 1970, marque son 40e anniversaire en Suisse. Cet événement est l’occasion pour notre pays de se valoriser auprès d’un réseau de plus de 70 pays et régions. Madame Micheline Calmy-Rey s’investit personnellement dans la tenue du XIIIe Sommet des chefs d’Etat de la Francophonie, manifestation qu’elle veut conviviale. Ce Sommet n’est pas un voyage touristique. Une Déclaration de Montreux dressera le bilan des discussions, échanges et réflexions de ces journées de travail. Du 17 au 24 octobre l’Arc lémanique, Genève, Lausanne, Montreux, sera aux couleurs de la Francophonie: les mêmes que les anneaux olympiques mais le violet remplace le noir. L’accueil des invités se fera partiellement à Genève. Plus de 600 maires et élus de villes francophones se réuniront au Centre d’études Rolex de l’EPFL, à Lausanne. Les journalistes de la presse francophone travailleront sur plusieurs sites. Les délégations politiques seront à Montreux d’où TV5MONDE fera rayonner la Suisse et l’esprit francophone auprès de 210 millions de foyers.

La Suisse a vu juste
La Confédération helvétique n’est membre de l’OIF que depuis 1995. Mais le Conseil fédéral a été éclairé en étant l’hôte de ce XIIIe Sommet des chefs d’Etat en cette année marquante. Les thèmes au programme sont d’une grande actualité: la gouvernance mondiale, le développement durable sous l’angle de la sécurité alimentaire et les changements climatiques. Les actes des diverses assemblées valoriseront la place du français dans les institutions internationales. Pour notre pays et la Romandie, c’est certainement une grande opportunité de se faire mieux comprendre. Contrairement à ce que nous pensons, le français ne recule pas mais l’anglais avance comme outil pratique. En mettant en valeur le français, nous luttons contre la pensée unique. L’Université de Lausanne a su affirmer cette volonté en lançant les Etats généraux du français en Francophonie en juin déjà. Plusieurs ouvrages ont été publiés en préambule à cette rencontre internationale. Mon coup de coeur va au titre: Le français, notre maison, aux Editions Zoé. Ce livre recueille treize essais sur l’usage du français aujourd’hui. Comment résister au verbiage utilitaire de l’anglais simplifié qui ramène les échanges à un niveau sommaire.

Une démarche originale
Des membres de la section suisse de l’Union de la presse francophone (UPF à Paris) vont créer un observatoire des médias francophones. Des débats seront lancés par des confrères connus et reconnus. Des discussions libres qui suivront, des actes seront tenus et une déclaration sera signée par ce cercle de journalistes francophones présents sur la Riviera. A l’ère du multimédia, les délibérations seront disponibles sur www.presse-francophone.ch. Les thèmes abordés toucheront plus particulièrement les journalistes et leur métier mais ils auront une portée universelle pour tous les professionnels des médias. L’UPF est antérieure à l’OIF puisque fondée en 1950 déjà. Les Assises, tenues à Rabat en juin, ont marqué dignement le soixantième anniversaire. Cette association de professionnels née sous l’impulsion de journalistes canadiens a son secrétariat permanent à Paris. La direction de cette institution devrait être renouvelée cet automne, en Suisse romande. Encore un événement qui contribuera à la notoriété de notre pays. Le français va-t-il nous ouvrir à nouveau les portes du monde diplomatique? Nous suivons ce défi de l’intérieur, avec un grand intérêt sur les bords de la Sarine, lieu de rencontre des cultures germanique et latine.

Les 42e Assises de la presse francophone, en juin 2010 à Rabat, débattaient de la liberté de la presse et de son usage ainsi que des responsabilités sociales des journalistes. Deux cents professionnels d’une cinquantaine de pays, tous médias représentés de la presse écrite aux supports électroniques, ont réaffirmé certaines exigences de qualité. Il n’y a pas de liberté sans responsabilité. Il est réjouissant de constater que la francophonie est un vrai pont entre les cultures et le français un outil en faveur de la démocratie. Les débats étaient conduits par Jean Kouchner, journaliste et professeur. L’accueil était assuré par le ministre de la Communication du Royaume marocain, Monsieur Naciri, qui a été disponible pour ses hôtes. Le Maroc compte 119 titres de presse en français.